L’intégralité de la lettre ouverte d’Emmanuel Lupia

Lettre ouverte aux cinéastes du Congo concernant ma vision sur les démarches pouvant nous permettre une amélioration dans notre productivité du point de vue cinématographique.

Bonsoir à tous,
je remercie les amis qui ont pu trouver le temps d’être là pour cet échange, et également à ceux qui n’ont pu être là. C’était un échange intéressant qui a tourné autour des pistes de solution pour accroître la productivité dans notre cinéma. Cet échange s’est inscrit dans la continuité des discussions entamé lors des éditions de Fickin 2014 et 2015 à l’échangeur de limete, sur les solutions à envisager pour accroître la productivité, passer d’un film tous les 2 ou 3 ans, à 1 long-métrage chaque année, et progressivement à 2, et 3, et plus…

J’ai partagé, avec les amis présents, ma pensée et mes réflexions suivantes:

1. A propos de LISUNGI: (l’épineuse question).
Lisungi n’est pas un problème car il fonctionne à merveille depuis toujours. C’est par affinité que l’on se soutient, et ça marche à chaque coup. Chacun a ses amis auprès de qui trouver de l’aide.
On ne peut non plus institutionnalisé LISUNGI car c’est quasiment impossible à partir du moment où les aides manquent de logique et de mesure de réciprocité, en ce sens qu’un auteur ne peut pas rendre à un technicien l’aide qu’il reçoit de lui, ni un réalisateur au producteur, ni un producteur au réal…
Donc LISUNGI marche très bien et pas besoin de solution là où il n’y a pas de problème.

2. Dans tout domaine, dans toute société, il y a toujours ceux qui ont plus à donner, et ceux qui ont plus a prendre.
C’est ainsi également dans notre cinéma, et c’est normal. Nous avons chacun une expérience à partager avec les autres, une connaissance à donner à l’autre, et personnellement, j’ai une petite expérience en tant que producteur, je tiens à la partager avec quiconque en terme de conseil ou de retour sur lecture des projets, et également un accompagnement dans l’élaboration des dossiers de production pour ceux qui la sollicitent. C’est sans conditions et sans engagement quelconque.
C’est du LISUNGI simplement. Je suis convaincu que les projets bien pensés dès le départ accroissent leur chance d’aboutir. Ainsi, on pourrait conseiller sans prétention aucune ceux qui estiment avoir besoin d’un autre regard sur leurs projets, un regard plus commercial qu’artistiquement parlant.

3. Dans l’optique de LISUNGI, je préconise de mettre en place une sorte d’INCUBATEUR de projet de film. C’est-à-dire un cadre volontaire d’accompagnement des projets.
Ça va être une association dans laquelle des sociétés et des individus peuvent adhérer, pour apporter à un nombre défini des projets à développer, un accompagnement artistique et logistique.
Les projets appartiendront à leurs auteurs et à leurs producteur… l’objectif étant de procurer à notre cinéma plus de films chaque année.
Les techniciens faisant partir de cette association bénéficieront des avantages spécifiques également de façon indirecte. C’est du volontariat au profit des autres et des projets…
L’accompagnement le plus important est dans la phase de développement et de l’écriture des scénario. Ensuite on verra comme faire avec le carnet d’adresses et la production. VOLONTARIAT. Les films seront tournés avec ou sans financement et les gens seront payés à la mesure du possible.
Les projets aidés au sein de l’incubateur demeurent oeuvres de leur propriétaire, il pourraient s’engager librement en coproduction avec n’importe quelle structure ou personne…
Dans ce volontariat, ceux qui ont plus à donner sont les bienvenus, et ceux qui ont plus à prendre aussi.
Les doyens comme Cédrick qui peuvent être des mentors pour les autres qui arrivent à titre d’exemple…

Ensuite les amis ont réagi avec des propositions et des avis enrichissantes dans le sens de la proposition faite, et également dans d’autres sens…
Tel est mon LISUNGI.

Les nombre des projets à incuber annuellement et la qualité sera déterminé en comité au sein de l’association.

Telle est la réflexion que je tenais à partager au cours de cette rencontre. Il est important que nous ayons des moment d’échanges aussi comme ça en dehors de Whatsapp.

Il faut tosungana ya solo et volontairement.

Merci encore à tous. Bonne nuit.
Emmanuel Lupia
Producteur / Réalisateur

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