INT. AÉROPORT DE NDJILI NUIT : « Ordre de mission » un casse tête pour les artistes

Habitués des scénarii, les cinéastes du Congo avaient et continuent avoir un bout de moment étrange que nous résumerons dans les lignes qui suivent avec le titre casse-tête :

« Il est 19h30′, je suis déjà à l’aéroport de Ndjili, à l’extrême Est de la ville province de Kinshasa, pour prendre mon avion pour Bruxelles. Bien que le vol ait été prévu pour 21h00′, il nous à été fortement recommandé d’être physiquement présent à l’aéroport au moins 3 heures à l’avance pour les formalités d’usage.

Ces formalités vont du check-in (Si ça n’avait pas encore été fait), du payement du Go pass, du contrôle des bagages et de leur poids, à la vérification du billet et du passeport, etc.

Le comble pour un artiste, qui puis est cinéaste, est que – dès le constat, par l’agent du service de l’immigration, de la mention  » artiste » ou « cinéaste » dans la partie profession du passeport, l’agent demande automatique un « ordre de mission ». Même si j’avais finalement pris mon vol pour Bruxelles, mais cela a pu être possible au prix de plusieurs tractations et chamaillade et finalement un raçonnage de 50$ U.S ».

Ce témoignage est très connu des artistes, et ce, toutes disciplines confondues. Dans sa définition, l’ordre de mission est donné par l’employeur pour justifier du travail et de la présence de son employé dans un lieu bien précis.

Cela signifierait il que tout artiste congolais est de surcroît un fonctionnaire de l’État ? Comme son ordre de mission lui vient du ministère de la culture et arts bien moyennant le payement d’un « forfait » (Chose étrange), serait il mécanisé ?

Mais si le ministère considère les artistes comme étant ses employés, pourquoi n’existe-t-il pas une politique, assez organique, qui les régisse dans l’exercice de leur fonction ?

L’ordre de mission témoigne aussi d’une prise en charge des artistes par l’état, le ministère ayant la culture dans ses attributions serait il capable d’endosser cette charge?

Est-ce alors, tout simplement, juste une atteinte aux droits de l’homme dans son aspect lié à la liberté de placement et à la liberté d’expression?

Ce dossier reste à suivre, quand bien même les artistes réclament plus d’implication des différents ministres ayant siégés ou qui siègeront à la tête du ministère de la culture et des arts, sur l’application des réformes dans ce secteur, en lieu et place de pérenniser des techniques hérités des anciens systèmes.

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